
사랑애, 살아 J'aime, je vis
L’histoire commence en Corée, se poursuit en France, et finit par voyager entre les deux pays — comme les cœurs de ses personnages, tiraillés entre racines, devoir et désir.
C’est une histoire de passion, de blessures, de beauté et d’élan. Mes héros ne pensent pas pour exister:
ils aiment pour vivre.
“사랑애, 살아”
(saRang-ae, saRa) :
J’aime, je vis.
Au cœur du récit : trois âmes, trois parcours, trois histoires entremêlées. On les appelle les 3S — mais vous les découvrirez peu à peu, à votre rythme, comme on tombe amoureux.
Et vous comprendrez que:
1+1+1=1
사랑애, 살아 J'aime, je vis
Genèse d’un F-Drama
Mon enfance entre deux mondes
Je suis née au Maroc.
J’y ai vécu mon enfance, dans les couleurs chaudes de la plaine du Saiss, à Fez, entre modernité et tradition, ville nouvelle et médina. Les souvenirs qui me viennent quand j’évoque mon pays, c’est la terre rouge et sèche, les blés pâles, les montagnes violettes au coucher du soleil, la lumière parfois accablante du soleil. Des paysages aux couleurs chaudes et parfois harassantes. Et des gens simples, qui vivent leur vie, certains laborieusement, d’autres dans l’opulence. J’ai évolué, enfant, entre deux mondes : celui des coopérants, privilégié, à l’abri de la misère, et celui des autochtones, avec qui je parlais peu. Cette dualité a façonné mon regard.
Sexisme affiché vs sexisme insidieux.
Je suis née au Maroc, dans une société patriarcale assumée, où les rôles entre hommes et femmes étaient clairs, même si toujours limitants. Les femmes, avec leurs djellabas élégantes et leurs foulards bordés de dentelle, incarnaient une certaine dignité dans ce système codifié. Derrière leur foulard translucide – qui pouvait être de couleur claire, leurs yeux n’étaient pas toujours moroses, loin de là.
Mais ce n'est pas cette répartition des genres qui m'a traumatisée, car elle s'affichait sans ambiguïté. C'est en France, sous le masque de l'égalité, que j'ai découvert des comportements insidieux, où l'oppression se camouflait derrière des faux-semblants. Ces violences invisibles – faites de silences, de mépris et de complicités tacites – m'ont marquées bien plus profondément que les règles explicites d'un patriarcat affiché. Dans les années 2000, les enfants pouvaient voir, à hauteur de leurs yeux, des affiches de femmes nues, se caressant en regardant l’objectif. Vous pouvez me croire : je l’ai vu.
Tout comme dans les magasins de moto, où des femmes pilotes venaient faire leurs achats, on pouvait voir des posters de femmes nues sur une moto. Dois-je vous expliquer où on plaçait l’égalité des genres et le respect ?
Ma découverte salvatrice du K-Drama
Ces expériences entre deux cultures nourrissent directement mon écriture.
Dans "사랑해, 살아 / J'aime, je vis" , je questionne ces systèmes insidieux et explore comment mes personnages, Sarah, Sacha et Seung-Chul se battent pour exister dans des mondes complexes. Mes héros trouve une forme de dignité dans leurs luttes, malgré les injustices qu'ils affrontent.
J’ai toujours été une passionnée de films et de séries. Et curieusement (j’ironise) je préférais toujours les films et séries américaines.
Avant le streaming, en France, on ne pouvait regarder que français ou américain. Pourquoi cette préférence ? Tout simplement parce que j’étais sûre de ne pas voir une paire de seins placée insidieusement et complètement inutilement dans une séquence. Les français étaient très forts pour ne montrer que le corps féminin, quel que soit le prétexte. Peu de progrès ont été faits dans ce domaine. Je dirai même que les américains se sont bien relâchés aussi. Alors, quand j’ai découvert le drama coréen, où les scènes d’amour sont dans la discrétion, la subtilité, la sensualité sans dévoiler plus qu’un dos ou une épaule, je suis devenue fan. Je pouvais enfin voir un film sans avoir des nœuds au ventre, rendue amère par ce qui me semble un manque de respect et de justice. J’aime ces scènes d’amour où on ne voit pas grand-chose, les images concentrent notre attention sur la passion, le désir, la sensualité – bref, sur les émotions ressenties.
Ces scènes d’amour où on n’a pas besoin d’une coordinatrice d’intimité – eh oui, ça existe ! Donc ce n’est pas que moi que ça dérange, non ?
Le K-Drama !
L’image au service de l’émotion et non de l’excitation!
J’avais enfin un exemple d’expression juste et subtile. Par le biais du Drama et de sa structure, je pouvais enfin exprimer tout mon ressenti sur les tabous, les inégalités de genres, les idées reçues sur les minorités (quelles qu’elles soient). Ce n’était pas seulement une question de pudeur dans la mise en scène des émotions, mais aussi une manière unique de jouer avec la narration. Ce qui m’a inspirée, ce n’est pas la lenteur contemplative de certains Dramas, mais leur capacité à condenser l’émotion en quelques instants intenses et percutants.
Et pourquoi pas un F-Drama ?
Narration et tension émotionnelle
Dans les K-Dramas, un échange rapide, une phrase incisive, une scène d’action bien placée et même des plans fixes suffisent à exprimer des sentiments puissants. Ce n’est pas le temps qui construit l’émotion, mais l’énergie qui s’en dégage, la tension des situations et la sincérité brute des personnages.
Alors, dans mon premier F-Drama, « 사랑해, 살아 / J'aime, je vis », je n’ai pas cherché à provoquer ou à choquer. Ce qui m’intéresse, c’est la force des liens humains, la manière dont mes personnages se battent pour leur droit d’exister, d’aimer au grand jour, pour survivre dans un monde où les règles ne sont jamais justes. Plutôt que d’imposer une violence gratuite ou de tomber dans le sensationnalisme, j’ai voulu que chaque épreuve traversée par mes héros résonne profondément, qu’elle fasse écho aux blessures et aux espoirs de chacun.
L’émotion naît dans les regards, dans les silences, dans les choix difficiles. Car c’est là, dans cette tension entre ce que l’on endure et ce que l’on espère, que se joue toute la beauté de la vie.
Corps, mouvement, combat
Je ne me considère ni comme une sportive, ni comme une cascadeuse, et pourtant, j’ai touché à tout. Danse classique, gymnastique, ski, spéléo, tir à l’arc, canoë, parapente, karaté… Et même une initiation aux cascades de sauts et combats – au CUC ! (ma fierté!) Toutes ces expériences m’ont appris le goût de l’effort, le plaisir du mouvement, et surtout, l’émotion qui en découle.
Petite, je rêvais d’être petit rat de l’Opéra. La danse classique a été ma première passion, mon premier vrai dialogue avec mon corps. Le plaisir de maîtriser un mouvement, de sentir la justesse d’un geste, d’évoluer sur la musique, m’a marquée à jamais.
Plus tard, j’ai exploré d’autres disciplines, cherchant toujours cette sensation d’harmonie entre le corps et l’esprit. Certaines pratiques ont été des révélations – comme le karaté où j’ai retrouvé la rigueur et la chorégraphie de la danse, la spéléologie où j’ai découvert la beauté brute et l’introspection que permet le silence des profondeurs.
D’autres ont été des expériences marquées par la frustration, l’injustice, la douleur… mais toujours, elles ont laissé une empreinte.
Dans 사랑해, 살아 / J’aime, je vis, cette empreinte est partout.
Mon drama ne parle pas seulement de combats intérieurs, mais aussi de combats physiques. Mes personnages ne se contentent pas de survivre, ils luttent, ils avancent, parfois en prenant des coups, parfois en les rendant. Mais toujours avec panache. L’action n’est jamais gratuite : chaque mouvement, chaque affrontement est un reflet de leurs blessures, de leurs espoirs, de ce qu’ils ont à défendre.
Et, parce que je suis aussi française, bercée par l’action et l’humour, ils le font souvent avec beaucoup d’humour, un brin d’ironie et un bon sens du timing.
Écrire, c’est transmettre
Transmettre, c’est ce qui a guidé toute ma vie.
J’ai été grande sœur très tôt, institutrice pendant quarante belles années, toujours portée par le désir d’éveiller la curiosité, de donner aux enfants des clés pour comprendre et aimer le monde – même les mathématiques et le français ! –, de leur apprendre à penser par eux-mêmes.
Dans une classe comme dans une histoire, on donne du sens. On partage. On laisse un message résonner longtemps.
Pourquoi j’ai écrit ce drama
À travers mes histoires, je veux embarquer mon public dans des récits où l’émotion et l’adrénaline cohabitent, où l’intensité dramatique n’exclut jamais l’humour, où chaque combat – physique ou intérieur – a un sens.
Écrire, c’est offrir une fenêtre sur le monde, c’est inviter à ressentir, à réfléchir, à vibrer.
사랑해, 살아 / J’aime, je vis est né de tout cela.
De la colère.
De la passion.
Du désir d’égalité.
De l’amour du corps et du mot juste.
Et de cette conviction :
Quelles que soient les épreuves, il y a toujours un choix à faire — s’effondrer ou avancer.
Et parfois, avancer, c’est aussi savoir rire. Même en plein combat.