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Pourquoi j’ai adoré K-Pop Demon Hunters

(et pourquoi je l’ai partagé avec mes petites-filles)

 

J’ai regardé K-Pop Demon Hunters plusieurs fois.
Avec mes petites-filles.
Et elles, encore plus que moi.

Ce film d’animation a touché quelque chose de très juste :
les enfants l’adorent, les ados s’y reconnaissent,
et les adultes y découvrent une profondeur culturelle et symbolique
qui ne saute pas toujours aux yeux au premier visionnage.

 

Mais pourquoi ce film plaît-il autant ?

C’est la question que nous nous sommes posée ensemble.

Un pitch simple… en apparence

K-Pop Demon Hunters raconte l’histoire de trois chanteuses de K-pop.
Mais pas seulement.

Depuis des générations, un trio de chanteuses-chasseresses de démons protège l’humanité.
Leur mission : préserver le Honmun*, une barrière entre le monde des vivants et celui des démons.

Cette barrière ne tient que grâce à une énergie singulière :
la musique, les voix, les mélodies portées par ces chanteuses-guerrières.

Aujourd’hui, ce trio est devenu un groupe de K-pop, adulé sur scène,
mais engagé en secret dans un combat ancestral.

Face à elles, le roi des démons envoie un boys band démoniaque,
chargé de détruire le Honmun et d’envahir la Terre.

Des chanteuses… mais aussi des passeuses

Ce qui est rarement dit, et pourtant essentiel,
c’est que ces héroïnes s’inscrivent dans une tradition culturelle coréenne ancienne.

Dans le chamanisme coréen (musok), la figure centrale est souvent féminine : la mudang.

La mudang est une intermédiaire.
Elle chante, danse, frappe le tambour.
Elle n’impose pas sa volonté :
elle maintient l’équilibre entre humains et esprits.

Dans K-Pop Demon Hunters, les chanteuses remplissent exactement ce rôle.
Elles ne gouvernent pas le monde.
Elles empêchent qu’il bascule.

La scène devient rituel.
Le concert devient protection.
La musique devient frontière.

La pie et le tigre* : une grammaire symbolique coréenne

Le film s’appuie aussi sur une iconographie très ancienne de la culture coréenne :
celle de la pie et du tigre, souvent représentés ensemble dans les peintures populaires (minhwa) de la période Joseon*.

Dans cet imaginaire :

  • 🐦 la pie est une messagère
    elle observe, annonce, voit ce que les autres ne voient pas

  • 🐯 le tigre incarne la puissance
    impressionnante, parfois menaçante, mais souvent maladroite ou aveuglée par sa force

Quand ils apparaissent ensemble, ils ne racontent pas un combat, mais une relation :
l’intelligence face à la force brute,
la vigilance face à l’arrogance,
le regard face à la domination.

La pie ne commande pas le tigre.
Le tigre n’écrase pas la pie.
Chacun révèle les limites de l’autre.

Dans K-Pop Demon Hunters, cette logique est parfaitement respectée :
Derpy le tigre et Sussie la pie n’agissent pas à la place des humains.
Ils accompagnent, observent, signalent.

Le choix final appartient toujours aux humains.

Un film international, pas un folklore figé:

K-Pop Demon Hunters n’est pas une reconstitution du passé ni un discours folklorique.

C’est une création internationale, pensée pour un public mondial.
La scénariste et co-réalisatrice, Maggie Kang, est coréo-canadienne,
et le film a été co-écrit avec Chris Appelhans, issu de l’animation internationale.

Le film ne reproduit pas les traditions :
il en traduit la logique symbolique pour raconter une histoire contemporaine.

Un récit sans manichéisme. Ici, pas de gentils absolus ni de méchants simples.

On peut être à la fois ange et démon. On peut se tromper.
Mais on peut aussi changer.

Ce qui compte, ce n’est pas l’origine, mais les choix.

Le film pose une question simple :

Sommes-nous ce que nous sommes nés…
ou ce que nous décidons de devenir ?

Pourquoi, moi, j’ai aimé ce film

J’ai aimé K-Pop Demon Hunters pour ce qu’il montre aux enfants :

Des jeunes femmes fortes, solidaires, libres dans leur corps sans être hypersexualisées.

Une vision nuancée du bien et du mal, où l’erreur n’est pas une condamnation définitive.

Un récit qui n’écrase pas, mais qui équilibre.

Comme dans le chamanisme. Comme dans les contes anciens.
Comme dans la vie.

Et maintenant…

À la fin de l’épisode vidéo, les dés sont lancés pour choisir le prochain key-drama.

Les dés ont parlé. Si vous avez regardé l'épisode, vous pourrez trouver de quel drama je parlerai la prochaine fois... Et pour votre peine, je vous offrirai un T-Shirt "F-Dramas de Seng Ah-Eun."
À vous de jouer.

 Mythes et symboles coréens*

(Fiches pédagogiques pour enfants – à imprimer)

La vidéo... qui vaut le coup d'être vue, sans me vanter...😉)

https://youtu.be/xai3hW_HhBk

honmun

👉 Le Honmun: 혼문

  • 혼 (hon) : l’âme, l’esprit

  • 문 (mun) : la porte, le passage

👉 혼문 = “la porte des âmes” ou “le seuil entre les mondes”.
 

⚠️ Petite précision importante (et honnête) :
혼문 n’est pas un terme classique figé du folklore ancien comme Dokkaebi ou Mudang.
C’est une composition coréenne parfaitement correcte, très utilisée dans la fiction contemporaine (dramas, animation, fantasy) pour désigner :

  • une frontière entre vivants et morts

  • un passage spirituel

  • un seuil chamanique

Joseon

🏯 de 1392 à 1897 : Période Joseon


Détails rapides et fiables

  • 1392 : fondation de la dynastie Joseon par Yi Seong-gye

  • 1897 : fin officielle de Joseon, proclamation de l’Empire de Corée

👉 On parle souvent aussi de Joseon tardif jusqu’en 1910 dans les usages culturels,
mais historiquement, la dynastie Joseon s’arrête en 1897.

 
Pourquoi on voit parfois 1910 ?

  • 1897–1910 = Empire de Corée (대한제국)

  • 1910 = annexion par le Japon

👉 Dans l’art, les contes, les minhwa,
on englobe parfois tout ce long XIXᵉ siècle sous “Joseon” par convention culturelle, pas par rigueur politique.

berpy et suzi
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Là, on est bluffés!

On trouve même une référence au chapeau du tigre dans K-Pop Demon Hunters.

Images à colorier

Une couverture pour tes futurs contes

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