
Netflix
KEYDRAMAS.CODES #6
TWENTY-FIVE TWENTY-ONE
Quand la crise vole nos rêves
À quel moment devient-on adulte ?
Le jour où la société décide qu’on l’est ?
Quand on reçoit sa carte d’électeur ?
Dans le monde de Twenty Five Twenty One, la crise financière de 1997 n’est pas un décor.
C’est un basculement silencieux.
Les familles s’effondrent. Les adultes sont anéantis. Les repères sautent.
Et si vous voulez comprendre comment cette crise a bouleversé la Corée du Sud si durement, restez jusqu’à la fin : on en parle en détail après le générique.
Parce que pour saisir l’émotion de ce drama, il faut d’abord en saisir l’Histoire.
Le drama ne raconte pas la crise, mais ce qu’elle a volé à toute une génération : « l’insouciance »
Un adolescent contraint de devenir adulte sans y être préparé : Yi-jin, qui quitte les études pour subvenir à sa famille.
Il veut juste tenir debout.
« On m’a volé mon rêve du jour au lendemain. »
Na Hee-do, elle, veut juste faire du fleuret.
« Ce que j’ai, je ne peux pas le perdre.
Par exemple : mon rêve. Ma passion. »(extrait du film sur les paroles)
Go Yu-Rim enfin, veut juste rester professionnelle d’escrime, pour subvenir à sa famille,
quitte à changer de nationalité.
Et puis il y a les autres, les seconds rôles… Des presqu’adultes livrés à la violence d’un système éducatif figé, répressif.
Obligés de choisir entre leurs rêves et leur avenir.
PITCH
Na Hee-do veut juste faire du fleuret.
Go Yu-rim est la championne intouchable.
Elles vont s’affronter. Puis s’aimer.
Yi-jin, lui, a tout perdu.
Son avenir, sa famille, son confort.
Il tient debout comme il peut.
Dans ce monde instable, post crise financière de 1997,
les rêves sont encore là —
mais il faut choisir entre les poursuivre… ou devenir adulte.
Désolée : on ne peut mieux résumer le drama…
Mais c’est si réducteur pour un petit bijou comme celui-là…
Que je m’en excuserais presque.
ALCHIMIE
"Kim Tae-Ri dans le rôle de Na Hee-do, et Nam Joo-Hyuk en Baek Yi-jin : deux rôles principaux, deux performances inoubliables. Ils sont magnifiques, charismatiques, et surtout, totalement habités par leurs personnages. Leur jeu ? Juste, vibrant, bouleversant."
Kim Tae-Ri a 32 ans lorsqu’elle joue une Na Hee-Do de 18 ans avec une énergie si convaincante qu’on en oublie les chiffres. Son jeu est époustouflant : cette jeune athlète bondissante, pleine de rêves et de fougue, on y croit dur comme fer !"
"Bon, je dois avouer que certaines scènes de joie sont un peu surjouées — comme si elle ouvrait un cadeau de Noël à chaque sourire. Mais est-ce vraiment un défaut ?" (petit silence, ton réfléchit) "Peut-être que c’est voulu. Peut-être que c’est le regard du réalisateur… Un soupçon de male gaze dans ces éclats de rire un peu trop mignons ?" (sourire en coin)
Nam joo hyuk en a 28 pour un yi-Jin de 22 ans au début du film.
Quelle présence ! Ce côté ténébreux, mélancolique, qu’il porte comme une seconde peau. Il est magnétique dans ce rôle de Yi-jin, entre fragilité et détermination.
Son jeu ? Subtil, profond, et d’une justesse qui vous prend aux tripes.
L’alchimie entre lui et Kim Tae-Ri est électrisante — leur duo est à la fois enthousiasmant, émouvant et d’une crédibilité rare.
Ensemble, ils nous offrent une histoire qui résonne bien au-delà de l’écran… Une de ces belles histoires qui vous donnent envie de croire en vos rêves, même quand la vie vous les arrache."
ET LES ACTEURS SECONDAIRES?
Eux aussi excellent dans leur interprétation.
Mais je les trouve… moins solaires.
Peut-être encore un peu bridés par le réalisateur ?
Réalisateur que j’apprécie, hein —
mais bon… je suis entraînée à flairer le male gaze partout où il se cache. (sourire)
Et puis j’ai eu un vrai coup de cœur :
Kim Hye-eun, dans le rôle de Yang Chan-mi, l’entraîneuse d’escrime.
J’adore ce personnage.
Sérieuse. Ironique.
Un regard un peu cassé…
Mais beaucoup de dignité et d’affection pour ses escrimeuses.
LA SCÉNARISTE
Celle à qui le drama doit beaucoup.
Kwon Do-eun.
Oh, elle n’a pas fait grand-chose de connu chez les fans de K-dramas.
Juste deux dramas à son actif.
Twenty Five Twenty One.
Search: WWW.
(avec des acteur·ices que j’adore…)
Et dans les deux cas :
des femmes au caractère trempé,
qui refusent d’abandonner leurs rêves. Ou leurs ambitions.
Une écriture rare, précise, sans surenchère,
à l’humour fin.
J’espère la retrouver bientôt. Chincha !
!
LES RÉALISATEURS
-
Jung Ji Hyun
Il y a deux réalisateurs au générique. (visuel des deux)
Mais moi, je vous parlerai de Jung Ji-hyun.
Parce que The King: Eternal Monarch ?
C’est LUI.(entre autres)
Là, j’ai tout dit, non ?
Ah non, pardon — Search: WWW ?
C’est encore lui.
Une mise en scène tout en finesse.
Des silences. Des regards. Le jeu des acteur·ices.
Et puis… les décors. Les images.
N’étant pas cinéaste, je ne peux que dire une chose :
magique.
Trois raisons de regarder ce petit bijou ?
1. Kim Tae-ri.
Brillante, comme toujours.
Aussi solaire ici que dans Mr. Sunshine.
Même dans ses peines, elle rayonne.
2. Nam Joo-hyuk.
Le ténébreux. Le lunaire.
Je recommande tous ses dramas… ou presque.
Si je devais en citer un seul ? Weightlifting Fairy Kim Bok-joo.
Ici (25-21), il incarne Baek Yi-jin.
Un jeune homme trop vite grandi.
Attentif, pudique, magnifique.
Il faut une 3e raison ?
Bon… Alors :
Le thème principal, la question centrale du drama :
Faut-il devenir adulte, ou voler vers ses rêves ?
La soromance Na Hee-do / Go Yu-rim aussi: prenante, touchante.
La romance douce Hee-do / Yi-jin…
Un arc en ciel (pourquoi je dis ça ? ben regardez le drama !)
Ah zut ! J'ai dépassé le quotat
Dramas du même genre ?
Allez : je prends le thème des sportifs.
Weightlifting Fairy Kim Bok-joo (2016): une altérophile et un nageur (à voir!)
Racket Boys (2021): badminton
Hot Stove League (2019): base ball (cultissime!)
Run On (2020) athlétisme (à voir!)
Fight For My Way — taekwando (culticultissime!)
Et… The winning try (Netflix, 2026) une équipe de lycéens rugbymen (à voir)
Et voilà.
Avant de vous quitter, je voudrais vous lire 3 citations qui m’ont bouleversée :
Trois voix de jeunes gens.
Pas encore adultes, mais déjà confrontés à ce que les adultes fuient.
— « Les adultes ne comprennent pas quand on dit qu’on n’a pas de rêve.
Nous en faut-il absolument un ?
Ils insistent surtout sur le travail. »
— « Ils doivent avoir peur de quelque chose.
Mais ça ne me concerne pas.
Ce sont des problèmes d’adultes.
Je n’ai que 18 ans… trop jeune pour perdre quoi que ce soit. »
— « Ce que j’ai, je ne peux pas le perdre.
Par exemple : mon rêve. Et ma passion. »






La crise de 1997, ou comment tout a basculé
1997. En quelques mois, la Corée passe du miracle économique au cauchemar. Les adultes sont humiliés. Les jeunes sont sacrifiés. Et ceux qui avaient 20 ans ? Ils deviennent adultes sans avoir le choix.
C’est cette Corée-là que Twenty Five Twenty One raconte. Pas celle des chaebols ou des records de croissance… mais celle des rêves brisés, des familles en miettes, et de cette question : comment grandir quand le monde s’écroule autour de vous ?
Twenty five twenty one, ne parle pas de la crise elle-même… mais de ce qu’elle a volé à toute une génération : l’insouciance.
(Silence. Musique qui monte)
Sachez que cette crise résonne encore aujourd’hui, regardez autour de vous : les CDD, les burn-out, la peur de l’avenir… On en est tous, d’une manière ou d’une autre, les héritiers."
Ah ! au fait, le tirage des dés !
Voilà ce que ça a donné !
Devinez de quel Drama il s’agit… et gagnez un T-Shirt F-Dramas de Seng Ah-Eun.
Anyong !

La crise de 1997, comment tout a commencé
1. Contexte : entre collaboration et reconstruction
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1910-1945 : une survie ambiguë
Sous l’occupation japonaise, la plupart des Coréens subissent répression et misère. Quelques entrepreneurs, cependant, profitent du système colonial pour accumuler des richesses.-
Lee Byung-chul (Samsung) et Chung Ju-yung (Hyundai) travaillent pour des entreprises japonaises, mais aussi créent des emplois pour des Coréens dans un contexte de pénurie.
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Débat historique : Certains y voient des collabos, d’autres une stratégie de survie dans un système où la résistance pure était souvent impossible.
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1945-1960 : reconstruction ou opportunisme ?
Après la libération, ces hommes investissent dans l’industrie coréenne, avec l’appui de l’État. Leur passé colonial est controversé, mais leur rôle dans la modernisation rapide de la Corée est indéniable.-
Exemple : Hyundai construit des infrastructures clés (comme l’autoroute Séoul-Busan), mais bénéficie aussi de contrats sans appel d’offres.
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Années 1960-1990 : un modèle à double tranchant
Les chaebols deviennent des géants industriels, aveuglés par leur succès. Leur croissance repose sur :-
Un endettement massif (soutenu par l’État).
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Des pratiques parfois opaques (prêts politiques, monopoles).
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Un mépris pour les petites entreprises, écrasées par leur pouvoir.
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→ Résultat : En 1996, la Corée est une puissance économique… mais son système financier est fragile, et sa croissance, inégale.
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2. Juillet 1997 : l’effet domino asiatique
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A. Le déclencheur : la Thaïlande (mai-juillet 1997)
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Contexte : Dans les années 1990, les pays asiatiques (Thaïlande, Indonésie, Malaisie, Corée, etc.) attirent massivement des capitaux étrangers grâce à :
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Des taux d’intérêt élevés (les investisseurs occidentaux y placent leur argent pour des rendements de 8-10%, contre 2-3% chez eux).
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Des monnaies stables (fixées sur le dollar, ce qui rassure les investisseurs).
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Problème : Ces capitaux sont souvent à court terme ("hot money") et financent des projets peu rentables (immobilier, usines surdimensionnées).
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Exemple : En Thaïlande, des promoteurs construisent des centres commerciaux vides ou des hôtels sans clients, juste pour spéculer.
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2 juillet 1997 : La Thaïlande épuise ses réserves de devises en tentant de défendre le baht (sa monnaie). Elle abandonne le taux fixe et laisse le baht se déprécier de 20% en une journée. → Panique : Les investisseurs réalisent que d’autres pays asiatiques ont les mêmes faiblesses (dettes élevées, bulles immobilières).
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B. La contagion : pourquoi la Corée est touchée ?
Trois mécanismes clés expliquent comment la crise s’étend :
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La confiance s’effondre
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Les investisseurs se disent : "Si la Thaïlande mentait sur sa santé économique, les autres aussi ?"
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Ils retirent leurs capitaux de toute l’Asie, y compris de la Corée, par peur de nouveaux effondrements.
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Chiffre : En juillet-août 1997, $10 milliards quittent la Corée en quelques semaines.
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Les monnaies asiatiques sont attaquées
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Les fonds spéculatifs (comme celui de George Soros) parient contre le won :
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Ils empruntent des wons à bas coût.
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Ils les vendent massivement pour acheter des dollars.
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Résultat : La demande en won s’effondre, et sa valeur plonge.
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Exemple : Le 24 octobre 1997, le won perd 7% en une journée (record historique).
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Les dettes en dollars deviennent ingérables
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Les chaebols coréens ont emprunté en dollars (taux bas), mais leurs revenus sont en wons.
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Quand le won s’effondre, il faut de plus en plus de wons pour rembourser les mêmes dollars.
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Exemple concret :
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En juin 1997, 1 dollar = 900 wons.
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En décembre 1997, 1 dollar = 1 700 wons.
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Conséquence : La dette de Daewoo (en dollars) double en 6 mois.
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C. L’effondrement en Corée (novembre-décembre 1997)
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Novembre 1997 : Les agences de notation (Moody’s, S&P) dégradent la Corée, ce qui aggrave la panique.
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Les banques étrangères refusent de renouveler les crédits aux chaebols.
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Les entreprises coréennes ne peuvent plus payer leurs fournisseurs ou leurs salariés.
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Décembre 1997 :
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Kia (3e constructeur automobile) fait faillite.
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Daewoo (endetté à $80 milliards) est au bord du gouffre.
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Les PME (sous-traitantes des chaebols) ferment les unes après les autres.
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Chômage : Des ouvriers licenciés font la queue devant les soupes populaires à Séoul.
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3. Le FMI intervient… et impose son remède
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Décembre 1997 : La Corée, au bord de la faillite, se tourne vers le Fonds Monétaire International (FMI).
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Conditions du sauvetage :
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Réformes structurelles : Licenciements massifs, fermeture d’entreprises non rentables, ouverture brutale aux investisseurs étrangers.
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Austérité : Baisse des dépenses publiques, hausse des taux d’intérêt.
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Humiliation nationale : Le FMI dicte sa loi, et les Coréens vivent cela comme une perte de souveraineté.
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Conséquences sociales :
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Pauvreté soudaine : Des familles entières se retrouvent sans revenu.
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Vente des bijoux familiaux : Symbole de la détresse, les mères vendent leurs gold rings (bagues en or) pour survivre.
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Suicides : Le taux de suicide augmente de 40% en un an.
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4. Les jeunes : une génération sacrifiée
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Fin des rêves : Les diplômés ne trouvent plus d’emploi stable. Beaucoup acceptent des CDD précaires ou partent à l’étranger.
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Éducation remisée en question : Le système scolaire, ultra-compétitif, ne garantit plus un avenir.
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Exode des talents : Les meilleurs éléments quittent le pays, créant une "fuite des cerveaux". → C’est cette génération que Twenty Five Twenty One met en scène : des jeunes obligés de grandir trop vite, dans un monde où les règles ont changé du jour au lendemain.
5. Les séquelles à long terme
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Méfiance envers les chaebols : Les Coréens réalisent que leur prospérité reposait sur un endettement dangereux.
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Précarité normalisée : Aujourd’hui encore, 1 jeune sur 4 travaille en CDD.
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Traumatisme collectif : La crise de 1997 a marqué les esprits. Elle explique en partie :
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La peur de l’échec chez les jeunes Coréens.
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La course effrénée aux diplômes (pour éviter de subir le même sort).
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La montée des inégalités, toujours visibles en 2026.
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6. Pourquoi cette crise résonne encore aujourd’hui ?
1997, c’est l’année où la Corée a compris que le 'miracle' pouvait s’arrêter. Où une génération a dû choisir entre survivre et rêver.
Sachez que cette crise résonne encore aujourd’hui, regardez autour de vous : les CDD, les burn-out, la peur de l’avenir… On en est tous, d’une manière ou d’une autre, les héritiers."
Et si vous voulez comprendre comment cette crise a marqué la Corée à jamais, retrouvez l’analyse complète sur mon site : les F-Dramas de Seng Ah-Eun."
Merci de m’avoir écoutée jusqu’au bout.
J’espère vous avoir convaincus de voir ou revoir ce drama.
N’hésitez pas à regarder mes autres analyses de dramas… Il n’y en a pas encore beaucoup, mais la collection s’agrandit.
Ah ! au fait, le tirage des dés !
Voilà ce que ça a donné !
Devinez de quel Drama il s’agit… et gagnez un T-Shirt F-Dramas de Seng Ah-Eun.
Anyong !